Alors que la campagne législative se termine et que le gouvernement prépare ses « mesurettes », la colère gronde chez les commerçants en Aquitaine. Deux exemples sont là pour nous le rappeler.

A Arcachon, des commerçants d’un marché ont été récemment « éjecté » de leurs lieux de travail. Des petits entrepreneurs qui pour la plupart ont leur emplacement depuis des années se retrouvent aujourd’hui dans l’incapacité de travailler. On a argué qu’ils n’étaient pas des producteurs et n’avaient pas leur place sur le marché. Mais le président départemental du CIDUNATI (Confédération intersyndicale de défense et d’union des travailleurs indépendants) a considéré que le marché en question ne possédait pas le statut réglementaire de « marché de producteurs ». Une lettre a été adressée par les travailleurs au maire Yves Foulon (UMP) responsable de cette entrave à liberté du commerce. Une manifestation était organisée le 6 juin 2012 par le CIDUNATI dans le centre d’Arcachon, pour montrer la détermination des commerçants. Depuis que le marché a été privatisé, des critiques circulent sur les méthodes du maire dans sa gestion. « Un marché ce n’est pas un supermarché ! ».

A Bordeaux, les épiciers sont en colère. Chacun d’entre nous a eu la chance de trouver un soir une petite épicerie de quartier ouverte. Désormais à Bordeaux ce ne sera plus possible. Le 16 mai 2012, par arrêté préfectoral, les épiceries devront tirer les rideaux à 22h, cette mesure tient pour Bordeaux, Pessac, Cenon, Gradignan et Talence. Pour les petits commerces c’est un « électrochoc », une association de la petite alimentation girondine (APAG) s’est récemment crée, regroupant 35 gérants. Les épiciers sont en colère, plusieurs d’entre eux ont vu leurs chiffres d’affaires s’écrouler et risquent de mettre la clé sous la porte rapidement. Les gérants ont tenté à de nombreuses occasions d’interpeller le maire et les candidats aux législatives.

Face à ces deux exemples inadmissibles d’entrave à liberté du commerce et du travail, la première position est de s’opposer clairement à cette enfreinte. Mais bien au-delà Egalité et Réconciliation se range derrière les petits commerçants, artisans et ouvriers qui sont la réelle force économique de notre pays, face aux « rapaces » des grands groupes qui n’attendent que de récupérer les locaux pour ouvrir de nouvelles succursales. Ces petits commerces sont un ancrage local pour la vie économique et sociale des villes et des villages, il serait de bon ton que les pouvoirs publics expriment clairement leurs opinions et leurs objectifs sur les politiques futures de la ville. Veulent-ils voir des centres villes dynamiques reposant sur une activité locale et intégrée, ou voir ce petit monde disparaître au profit des grands groupes transnationaux ?

SOURCE : La section Egalité et Réconciliation Aquitaine